L'intérêt pour les monnaies antiques et les médailles
s'affirme dès le début de la Renaissance. Les princes,
les humanistes développent à côté de
leur bibliothèque un cabinet d'antiquités où
les monnaies voisinent avec les pierres gravées, les bronzes
figurés et les vases. Dans ce cercle restreint et élitiste
les communications restent faciles.
Au XIXe siècle le public intéressé par
ces curiosités historiques se développe : à
côté des aristocrates et/ou amateurs fortunés,
des curieux et des universitaires aux moyens plus modestes éprouvent
le besoin de partager leur passion, donc de communiquer, et de
se rencontrer. C'est ainsi que naît en 1836 la Revue Numismatique,
puis près de trente ans plus tard la Société
Française de Numismatique et d'archéologie, en 1865.
Le premier bureau de la Société, composé
de Gustave de Ponton d'Amécourt, président, Jules
Sabatier, vice-président, Ernest Lecomte, secrétaire,
L'abbé Marchant, Ernest Gariel, et Jules Roman, lui donne
pour but " de développer le goût de la numismatique
et de L'archéologie, d'encourager dans les provinces les
collectionneurs de monnaies locales, de tenir nos collègues
au courant des découvertes, de fonder autour d'une bibliothèque
spéciale un centre d'études et de relations ".
C'était exprimer parfaitement la mission
de la Société, qui demeure toujours inchangée
: les activités ont été développées,
les méthodes perfectionnées, les moyens multipliés,
les statuts adaptés à la démocratisation
de la collection et de L'étude des monnaies. Aux noms des
grands de ce monde ont succédé d'autres, rendus
célèbres par les travaux qu'ils signent. Quatre
ans après sa naissance la Société avait atteint
le chiffre de 650 membres, qui semble être le chiffre maximum
qu'elle retrouve toujours après certaines périodes
de déclin imposées par les événements
historiques. Après une période d'instabilité
: 6 adresses entre 1865 et 1897, la Société trouve
des ancrages solides auprès d'institutions : la Sorbonne
(1897-1932), la Monnaie de Paris (1932-1945), puis le Cabinet
des Médailles de la Bibliothèque Nationale depuis
1945.
Elle vit désormais en symbiose avec le Département
des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque
nationale de France. Ses réunions rassemblent autour d'un
même champ d'intérêt des collectionneurs, des
numismates professionnels, des conservateurs de collections publiques,
des chercheurs du CNRS, des universitaires... Tous les numismates
français de quelque notoriété ont été
ou sont membres de la Société, souvent l'ont servie
au sein de son bureau. Et la Société s'honore de
nombreux amis étrangers qui ont voulu partager ses travaux.
Depuis toujours sa fonction d'éditeur
des travaux de ses membres est primordiale : L'Annuaire (1866/1896),
les Comptes-rendus (1869/1879), les Mémoires (1869/1878)
ont disparu, cédant la place à la Revue Numismatique,
née bien avant la Société, accompagnée
depuis 1945 par le Bulletin. Le Corpus des trésors antiques
de la France a déjà vu paraître 9 tomes ;
cette activité se concrétise aussi par la publication
de volumes de mélanges, ou de catalogues de collections
de province lors des Journées numismatiques.